Des «Fabliaux» qui oscillent entre le rire et l'horrible
La conteuse Sophie Joignant a dit son dernier spectacle lors de la journée médiévale organisée au château de Portes.
«L orsqu'on parle de l'enfer, le paradis n'est jamais bien loin. ». Le nouveau spectacle de Sophie Joignant est tout entier construit sur cette fron­tière ténue, cette arrête étroi­te où l'on peut être happé par le vertige d'un côté comme de l'autre.
Ses Fabliaux étaient présentés dans le cadre de la jour­née médiévale du château de Portes. Un lieu, une date qui ne pouvaient manquer de co­lorer les contes de Sophie Joignant. « Un spectacle de contes, ce n 'est jamais le mê­me et l'ambiance médiévale se traduit forcément dans le récit », nous confiait la conteuse.
Car les Fabliaux de Sophie prennent résolument le parti d'un Moyen-âge coloré, riche
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rend plutôt fréquentable, où l'irrévérence carnavalesque se retrouve dans chaque récit en lui donnant parfois de bien actuelles résonances.
Sophie Joignant embarque promptement le public dans cet univers. C'est un parti pris pour la conteuse. « Je cherche à faire rêver le plus vite possible », explique-t-elle, « / 'objectif est de renier immédiatement dans l'ima­ginaire ».
Ce spectacle tout récem­ment créé après une gestation de « neuf mois », comme il se doit, sera proposé ce di­manche à Vézénobres ( 18h30 salle des Figues) à l'occasion du premier marché du livre avant de voyager : Sophie Joignant interviendra en Suisse au festival de Lausanne le 13 août et aux Euromédiévales de Tournai les 18 et 19 septembre.
De nouvelles occasions pour se laisser guider par Sophie Joignant jusque vers des contrées délicieusement interdites.
M.P.
Sophie Joignant au château de Portes.
mande... On est loin de la mièvrerie d'une certaine ap­proche du Moyen âge, celui des preux chevaliers et gentes dames. Un Moyen âge po­pulaire au contraire, où l'on n'hésite pas à brocarder le curé, où la malice du diable le
en odeurs, en couleurs ; une période qui sollicite crûment les sens. Les contes oscillent sans vergogne ni complexes entre le rire et l'horrible, le dégoûtant et le savoureux... Avec des provocations auxquelles le public d'aujour-
d'hui répond sans se faire prier : la description du travail du « fondeur de vieille », par exemple : « les chairs commençaient à se décoller, les- petits os se mettaient à flotter »... L'image déchaîne de petits cris d'horreur gour-
La Marseillaise                 

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